COMMANDE DE L'EGLISE UN MONUMENT  RELIGIEUX : 

LE CHEMIN DE CROIX POUR LES SANCTUAIRES DE NOTRE-DAME DE LOURDES

PAR MARIA DE FAYKOD

 

UNIQUE DANS  L'HISTOIRE DE L'ART

UNE FEMME SCULPTEUR  REALISE 17  SCULPTURES MONUMENTALES 

TAILLEES DANS LE MARBRE                VISITER LE SITE (Français, English, Italiano, Espagñol)

               

 

Le marbre de Carrare 
 
  
 

 

L'histoire commence en 27 avant Jésus-Christ sous l'Empire romain. La fondation d'une ville, Luni, sur l'estuaire du fleuve Magra, entre la Toscane et la Ligurie, per­met aux Romains de découvrir de grandes carrières de marbre, jaillies de la chaîne montagneuse des Apennins.

Ce marbre servira à créer, entre autres réalisations, le temple de Prenestre et la colonne de Trajan, mais aussi le célèbre David de Michel-Ange (1475-1564), que l'on peut admirer à Florence, et certaines statues d'Henry Moore (1898-1986).

Cependant, les invasions bar­bares obligent les Romains à abandonner Luni. Repoussés un peu plus loin, à Carrare, ils poursuivent leurs investigations dans les carrières. Mais l'agitation militaire du pays les empêche de tirer réellement parti de ce filon.

L'exploitation du marbre de Carrare ne commence vraiment qu'au Xlle siècle, servant notamment à l'édification des cathédrales de Florence, de Sienne et de Pise.

Puis la Renaissance italienne marque un nouveau tournant dans l'utilisation de ce marbre, car la polychromie est à la mode : jaune de Sienne, rouge de Vérone, vert de Prato...

Les architectes s'en donnent à coeur joie pour revêtir les intérieurs de sols fastueux. La cour papale est l'une des premières à bénéficier de cette innovation.

Peu à peu, un véritable commerce s'instaure. Les carrières deviennent la propriété de riches mécènes, tels les Médicis. Dorénavant, le marbre de Carrare s'exporte vers la France, sous l'impulsion de François ler, mais également vers l'Espagne.

De grands sculpteurs, comme Michel-Ange, se rendent dans les carrières pour y faire leur choix. Car le marbre, tel une pièce de tissu, possède un contro (endroit) et un verso (envers). La première entaille permet de savoir si le bloc est prêt à être extrait et taillé. C'est l'âge d'or de la sculpture : la fontaine de la place Navonne, à Rome, et l'église San Carlino en sont des exemples frappants. 

La Révolution française va interrompre ce commerce florissant et, jusqu'à la fin du XIXe siècle, le marbre de Carrare servira essentiellement à l'édification des monuments funéraires. Le cimetière de Gênes en est un témoignage impressionnant avec ses tombes aux parements sculptés comme de la dentelle.

C'est Mussolini, avide de luxe, qui donne un nouvel élan à l'exploitation du marbre. Puis l'Amérique, désireuse d'enjoliver ses gratte-ciel, entre à son tour dans la course.

Dans les années 1970, les États du Golfe, enthousiasmés, passent commande pour leurs palais, certains édifiés aux portes du désert.

Comme à l'époque romaine, le marbre est transporté par bateau et le port Marina di Carrara est resté très actif.

C'est ainsi que, depuis plus de deux mille ans, au travers des âges, des modes et de l'Histoire, le marbre de Carrare s'est répandu dans le monde entier. Près de trois cents carrières sont toujours exploitées. Si d'aventure vos pas vous mènent un jour là-bas, ne manquez pas de visiter le Museo civico del Marmo, qui vous enrichira étonnamment de nouvelles connaissances.

Clémentine DUBOSC

Les Veillées des Chaumières n° 2722