Quand Dieu appelle

 

« Choisis comme Marie » ! Merci, au P. Steckling, o.m.i. d’attirer, par sa « Méditation missionnaire », notre attention sur la similitude entre le choix que Dieu a fait de Marie et l’appel qu’il adresse à chacun de nous. Quelle richesse pour nous, prêtres, frères et laïques associés de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée de prendre conscience d’une telle réalité ! La « Méditation missionnaire » du Supérieur général m’invite à redécouvrir Marie. Pour mieux la retrouver, j’ai ouvert l’Évangile de Luc (1, 26-38) et me voici plongée dans l’intimité d’une vie qu’un grand acte de confiance va bouleverser, une vie qui va devenir source d’Espérance pour l’humanité tout entière. Peut-être ces retrouvailles avec Marie vont-elles me permettre de trouver des éléments de réponse aux questions du P. Steckling ! « Comment pouvons-nous, Oblats, puiser des énergies nouvelles en Marie ? Comment son exemple peut-il nous aider à recentrer nos vies dans le Christ, nous reconvertir ? », nous demande-t-il.  

Dieu ne choisit pas les yeux fermés ! Dieu connaît ceux qu’il appelle, c’est une demande personnelle qu’il adresse à chacun de nous. Luc nous le rappelle de belle façon dans son récit; il prend le temps de nous présenter Marie, de la faire sortir de l’anonymat : « … L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu à une jeune fille… ». Il nous dit que Marie vit « dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, qu’il s’agit « d’une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph… ». Nous savons que « cette jeune fille s’appelait Marie. » Marie ! Une jeune fille parmi tant d’autres et cependant une jeune fille différente des autres ! Marie est une croyante : avec les siens elle attend la venue du Messie annoncé dans les Écritures ; Marie est une priante : la prière habite toute sa vie car ne dit-on pas qu’elle « méditait toutes choses dans son cœur ». Ce silence attentif la plonge dans la réalité d’une foi solide et lui donne d’entendre au plus profond d’elle-même la voix du messager. 

« Comment [l’exemple de Marie] peut-il nous aider à recentrer nos vies dans le Christ, nous reconvertir ? » Bien souvent je vis à la surface de mon être. Les occupations, les rencontres de toutes sortes, l’agitation autour de moi, les bruits de la vie moderne occultent parfois la voix si discrète d’un Seigneur m’invitant à le suivre ; je ne reconnais pas toujours son appel dans les personnes qui croisent mon chemin. Et si, comme Marie, je prenais le temps d’écouter le silence profond de mon être, là où le Seigneur me parle ? Et si, comme Marie, j’écoutais ce que les Écritures ont à me dire encore aujourd’hui et gardait toutes ces choses dans mon cœur ? Peut-être alors pourrai-je reconnaître ce jeune qui a mal de mal aimer, cette femme souffrant de se croire persécutée, ce voisin réclamant un peu de mon attention pour me partager sa peine d’avoir perdu la femme qu’il aimait, ce malade attendant une visite qui va lui prouver qu’il existe encore, qu’il est important pour quelqu’un. Peut-être alors serai-je capable de tendresse, de miséricorde, peut-être deviendrai-je un instrument de cette Paix promise par Jésus lors du dernier repas. 

 Comme il l’a été pour Marie, notre « oui » au plan de Dieu peut se révéler bouleversant. « L’ange… " lui dit : Sois joyeuse, Marie… le Seigneur est avec toi… " ». Ce qui n’empêche pas Luc de nous signaler qu’à l’annonce de l’incroyable mission qui lui est proposée, Marie ne comprend pas. « À ces mots, écrit-il, elle fut très troublée… ». Faut-il s’en étonner ? Qui a dit que faire la volonté de Dieu, c’était une assurance/santé, une assurance/prospérité, une assurance/tous risques dès ici-bas ? Qui a dit que faire la volonté de Dieu récolterait toujours l’unanimité autour de nous ? Que faire la volonté de Dieu signifiait absence de heurts, d’émotions, de questionnements, de reculs même ? Comme me l’écrivait dernièrement un ami, « il y a des moments où la croix se montre dans toute sa nudité ». L’histoire de ma vie me rappelle que, comme pour Marie, la voix divine en moi peut être source, de remous, d’hésitation, de trouble. Ma mémoire ne manque pas de me rappeler mes doutes, mes chutes, mes manques d’amour, des pardons lents à donner comme à recevoir.  

 « Je suis la servante du Seigneur… » Marie a tout risqué sur la parole de l’ange. Dépassant son trouble, elle a remis toute sa vie dans les mains du Dieu qu’elle aimait. Et cette acceptation formidable, vient illustrer de façon divine la définition de la sainteté telle qu’énoncée par le Père Steckling : « … Il est bon d’être conscients de ce qu’est en définitive la sainteté… Il s’agit tout simplement d’un don de Dieu [que Marie a accepté]… En Marie, la privilégiée, la pleine de grâce, quelque chose d’essentiel devient clair : tout est grâce… C’est l’essentiel de la sainteté : être choisis et accepter cette chance. » Comme il l’a fait pour Marie, le Christ Sauveur m’a appris une liberté que nous seuls pouvons gérer. « Si tu veux, suis-moi… » Au risque… de sortir des sentiers battus… de suivre l’élan qui me pousse à avancer au-delà de mes craintes… d’aller de l’avant sans bien savoir ce que cela va donner… au risque d’aimer de l’amour même du Christ, avec les forces qu’il me donne et les limites que je me connais. 

Saint Paul nous affirme : « Je peux tout en celui qui me fortifie. » Alors souhaitons-nous un Joyeux, un vrai beau Noël et une année où nous vivrons l’audace de vrais fils et filles de saint Eugène. En nous rappelant que « rien n’est impossible à Dieu »…

Denyse Mostert, Trois-Rivières  Partenaire Oblate en mission Province Notre-Dame-du-Cap    07-12-2008