Indispensable confiance !

 

 

Dans sa « Méditation missionnaire » de janvier, le P. Wilhelm Steckling, Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée nous entretient de l’importance de la confiance. Tout en affirmant que « la confiance mutuelle est parmi les plus grands dons qu’un être humain peut recevoir », il déplore sa rareté dans notre monde d’aujourd’hui. C’est là une réalité bien concrète dont les incontournables médias nous abreuvent jour après jour. C’est une réalité que nous pouvons constater dans nos milieux et, parfois même, jusque dans nos propres vies.

 

« Au début de 2009, remarque le P. Steckling, nous nous trouvons non seulement avec une économie en récession, partout dans le monde, mais plus significativement, avec une crise globale de confiance. » Point de départ de bien des situations malheureuses tant au point de vue collectif que personnel.

 

Je pense ici à ce terrible drame familial qui vient de se produire chez nous, au Québec. Un appel d’urgence arrive au 911. On découvre un père et ses trois enfants sans vie ; la mère, dans un état critique, est transportée à l’hôpital. Plus tard, elle confiera aux enquêteurs les circonstances qui ont engendré un tel acte de désespoir. Elle et son conjoint viennent de perdre leur emploi respectif ; devant la catastrophe financière qui les menace, ils concluent un pacte de suicide… Devant l’ampleur de ce drame hors mesure, on ne peut que deviner la solitude et la panique totale qui ont envahi le couple et l’ont acheminé vers cette solution extrême... Et je m’interroge. S’ils avaient pu partager en toute confiance leur désarroi à un ami, un parent, le drame aurait peut-être été évité ! Qui sait ?

 

Et le P. Stecling d’affirmer : « La confiance mutuelle est parmi les plus grands dons qu’un être humain peut recevoir. Les familles, les communautés religieuses et même l’ensemble de la société sont bâtis sur elle. »

 

Pour une confiance aveugle ?

 

La confiance sans discernement peut certes jouer de méchants tours, causer des ennuis qu’une certaine réserve aurait peut-être permis d’éviter. Un de nos échanges de famille en ce temps des fêtes portait justement sur « ceux qui croient tout le monde bon » et « ceux qui, de prime abord, se méfient ». La grande question était : « Faire ou de ne pas faire confiance ? » Réponse des plus logiques d’un de mes fils : « Une confiance mal placée conduit à des déceptions qui peuvent faire très mal. » À laquelle, j’ai cependant cru bon d’ajouter : « Mieux vaut accepter une désillusion que de risquer, par méfiance, d’empêcher un contact vrai qui aurait pu aider quelqu’un à sortir d’un enfermement quelconque. » Car la confiance appelle la confiance. Lorsqu’on se sent vraiment accueilli, les événements peuvent tout à coup prendre une coloration nouvelle aux couleurs d’espérance.

 

Dieu, source ultime de confiance.

 

Dans des moments particulièrement difficiles, il nous arrive de nous demander comment nous en sortir, comment continuer à vivre lorsque la peine nous accable. Le désespoir est à nos portes… Alors que tout semble perdu, le Christ Sauveur vient nous parler au cœur. De façon inattendue parfois… et très cohérente souvent.

 

Puis-je vous confier tout simplement le réconfort que m’a apporté cette année la période des Fêtes ? Une réalité qui s’est glissée sans bruit jusqu’à mon cœur pour me rendre plus facile le départ de mon mari.

 

Je pensais à ce jour de notre mariage lorsque le prêtre nous déclara « mari et femme jusqu’à ce que la mort nous sépare ». Mais, Pierre était mort… et la tristesse me submergeait. Un passage de saint Paul s’est alors insinué dans mon subconscient : « Rien… ni la vie, ni la mort… rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu ». Cette parole a fait son chemin comme une confirmation que « rien n’est perdu de notre espérance » et que mon mari a rejoint ce Christ Sauveur dont nous nous entretenions fréquemment tous les deux. Dimanche dernier encore, lors de la célébration eucharistique de l’Épiphanie, un chant tout simple est venu sceller ma confiance, me rendant force et courage pour continuer à être un témoin joyeux : « Quelqu’un te rend la lumière... Il vient sauver notre monde, il vient sauver notre amour ».

 

Rien de spectaculaire dans cette expérience toute intérieure qui évoque pour moi le passage de la Bible où il est écrit que « Dieu était dans la brise légère » ! Dans la confiance, j’ai voulu vous la partager. Il m’a semblé important de dire simplement les bontés du Seigneur. Une manière à moi d’être témoin de ce Jésus qui nous envoie : « …dire au monde entier les merveilles de Dieu ».

 

Et si on essayait, chacun dans notre milieu, de faire de 2009 l’année de la confiance ?

Denyse Mostert, Trois-Rivières  Partenaire Oblate en mission Province Notre-Dame-du-Cap    07-01-2009