Introïbo… J’entrerai…

 

« Vivre en Sa présence » 

                  

Dès le titre de sa Méditation missionnaire, le P. Steckling, Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée vient réveiller dans mon esprit les paroles d’un psaume par lequel commençaient les messes de ma jeunesse. « Introïbo ad altare Dei » - « J’entrerai jusqu’à l’autel de Dieu ».

 

Vivre en présence de quelqu’un

 

Vivre en présence de quelqu’un signifie bien davantage qu’un contact superficiel, qu’une relation passagère. Vivre en présence de quelqu’un, cela implique une rencontre authentique, une rencontre en profondeur qui nous fait expérimenter la confiance. Vivre en présence de quelqu’un nous est aussi indispensable que l’air que nous respirons. Nous avons tous besoin de goûter combien est bonne une communion sincère. Nous avons tous besoin d’aimer, de nous savoir aimés. Sinon s’installent l’esseulement, le vide intérieur, la tristesse, et parfois même le désespoir.

 

« Vivre en Sa présence » ?

 

Qu’est-ce que cela signifie pour moi, aujourd’hui ? Rien de tel qu’un petit retour en arrière, pour me remémorer comment Dieu a intégré Sa présence aux différentes étapes de ma vie.

 

D’abord, de multiples tâtonnements…

        

À certaines époques, je me faisais une merveilleuse image de ma relation à Dieu dans la prière ; cette image était tellement belle qu’elle en devenait inaccessible. J’ai d’abord cru que ma présence à Dieu se devait d’être intégrale, sans distraction aucune, sans pensée étrangère au Seigneur. Dans ma naïveté, j’attendais un signe tangible, un état de bonheur proche du surnaturel, une réponse à mes attentes… Pas tout à fait un miracle, mais presque !

 

J’ai vécu des périodes de noirceur, des moments où Dieu me paraissait terriblement absent, des moments de découragement devant l’inutilité de mes efforts, des moments où j’avais perdu toute confiance en moi d’abord, et en ce Dieu muet que j’essayais en vain d’atteindre. C’est alors que Jésus Christ m’a doucement emmenée vers Sa lumière.

 

« Mon Seigneur et mon Dieu ! »

 

Un récit de Jean (20, 19-31) s’est, petit à petit, imposé à mon attention. Je me suis découvert une parenté avec le Thomas de l’Évangile qui veut voir pour croire. Pour l’apôtre incrédule, Jésus ressuscité se manifeste une seconde fois aux disciples réunis. Pour donner à Thomas une nouvelle chance de guérir de son incrédulité, Il lui offre de toucher les blessures de la crucifixion…

 

Pour moi, c’est en me faisant toucher le vide profond qui m’envahissait que Dieu m’a fait découvrir Sa Miséricorde. Et j’ai enfin saisi que, jamais, nos limites ne pourront nous priver de la présence divine… que « Dieu est plus grand que notre cœur »… que la seule chose nécessaire pour « vivre en Sa présence » est ce désir profond de trouver, « par Lui, avec Lui et en Lui », un sens à notre vie et de courir partager à d’autres la Bonne Nouvelle.

 

« Vivre en Sa présence »

 

« Vivre Sa présence », c’est prendre du temps pour être avec Lui. C’est célébrer en Église l’Eucharistie… C’est regarder Marie, celle qui nous conduit à Jésus… « Vivre en Sa présence » c’est accepter d’être aimés gratuitement, tels que nous sommes… C’est vivre cette Charité si chère à saint Eugène. C’est aussi pleurer quand nous avons trop mal, c’est ensuite reprendre courage et continuer, debout comme Marie au pied de la croix.

 

« Vivre en Sa présence » c’est redire à Dieu notre « Magnificat ! »

 

Le P. Steckling termine sa Méditation par le rappel d’un article des Constitutions et Règles.

 

« Il y a plusieurs manières de faire le lien entre la foi et la vie. Par exemple, nous pouvons développer une façon contemplative de percevoir les événements de chaque jour. Les Constitutions et Règles des Oblats disent qu’ « ils recherchent sa présence dans le cœur des gens et dans les événements de la vie quotidienne, aussi bien que dans la Parole de Dieu, les sacrements et la prière. » (C.31).

 

Denyse Mostert, Trois-Rivières  Partenaire Oblate en mission Province Notre-Dame-du-Cap  08-04-2009