Annoncer la Résurrection

 

Dans sa Méditation missionnaire du mois de mai, le P. Steckling, Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée nous parle de Résurrection et de l’importance de proclamer « la vérité dans la charité ».

 

Un verbe qui interpelle

 

Le temps pascal , écrit-il nous invite à « nous confronter à la vérité de la Résurrection ». Quelques synonymes de ce verbe parlent d’évaluer, de mesurer, de comparer, d’apprécier.

 

Une vérité qu’il nous faut rechercher

 

« Qu’est-ce que la vérité ? » demandait à Jésus un Pilate désabusé. « « Qu’est-ce que la Résurrection? » pouvons-nous questionner à notre tour. Soyons certains que la réponse ne nous sera pas servie toute prête sur un plateau d’argent ! « La Résurrection continue à être une vérité qui ne s’impose pas mathématiquement », remarque le P. Steckling. Comme pour tout ce qui constitue notre foi chrétienne, nous avons un long chemin à parcourir pour enfin en arriver à oser une confrontation à la vérité de la Résurrection…

 

Un chemin d’interrogations

 

La recherche de la vérité ne sera jamais confortable. Au cours des années, de nouvelles questions s’imposeront à notre esprit pour lesquelles aucune réponse mathématique ne viendra étayer notre foi.  Faut-il faire taire ces questionnements qui nous habitent parfois parce que, dans un relent de culpabilité, nous craindrions de les taxer de scepticisme ?

 

La « nourriture solide » de Maman Rosa

 

J’aimerais vous faire connaître maman Rosa. Quand j’ai fait sa connaissance, elle était déjà une dame âgée mais ouverte sur le monde et tellement accueillante ! Avec maman Rosa, chaque entretien se révélait riche de foi, vibrant de vie et rempli d’un enseignement qu’on ne pouvait oublier par la suite. Maman Rosa, de sa chaise roulante, évangélisait avec une conviction contagieuse. À une époque où l’Église traversait déjà bien des turbulences, cette grande dame savait garder sa sérénité. Combien de fois l’ai-je entendue citer saint Paul dans sa 1ère épître aux Corinthiens : « Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Devenu homme, j’ai mis fin à ce qui était propre à l’enfant ». Oui, maman Rosa avait su intégrer dans sa vie la maturité d’un long parcours de foi ! Maman Rosa nous a quittés ; ses paroles m’invitent toujours à regarder en face toute situation difficile, tout questionnement qui se fait jour en moi. Dans la confiance de recevoir chaque jour une« nourriture solide » demandée dans la foi.

 

La Vérité nommée Jésus

 

         « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie » proclamait le Messie de Galilée.  Tout est là dans la vie de ce Jésus en lequel nous croyons. Au-delà des siècles, des cultures, sa réponse est toujours d’actualité. Il prêchait la paix ; quel peuple ne souhaiterait la fin d’hostilités qui n’en finissent plus ? Il parlait de justice ; qui n’aspirerait à une justice « plus juste » où tous auraient le minimum et davantage pour vivre ? Il parlait de compassion ; qui n’a jamais souhaité confier sa peine à un ami compatissant ? Il parlait de pardon ; lui-même pardonnait à plein cœur pour nous emmener vers ce chemin de réconciliation qui libère. Il parlait d’amour ; plus que jamais nous avons besoin d’aimer et de nous sentir aimés.

 

Il parlait de Résurrection

 

         À ses apôtres, il promettait : « Vous me verrez vivant et vous vivrez vous aussi. » « Je m’en vais vous préparer une place», « là où je suis vous serez vous aussi». Il parlait de cette force de l’Esprit Saint qui allait dorénavant les accompagner, les défendre ; il parlait de Vie éternelle au Royaume du Père !

 

Il s’est montré aux siens

 

À Madeleine au tombeau vide il a donné mission d’annoncer sa Résurrection. Aux disciples sur la plage, il a préparé un repas. À Thomas l’incrédule, il a montré ses mains et son côté percés. À Emmaüs, il a ouvert l’esprit des disciples « à l’intelligence des Écritures. »

 

Pas des maths…

 

« Certainement, la Résurrection continue à être une vérité qui ne s’impose pas mathématiquement comme deux fois deux= quatre, car elle demande un acte de foi ; mais une fois que le pas est fait, on arrive à une certitude tellement solide que sur elle se construit toute la vie chrétienne. Il n’y a pas d’évidence mathématique mais bien une conviction basée sur les témoignages ; il y a suffisamment de sécurité pour tout miser sur cette carte, suivant l’image du « pari de la foi » utilisé par Blaise Pascal », écrit encore le P. Steckling.

 

Une Résurrection à vivre chaque jour

 

La Résurrection n’est pas un projet pour le futur. Elle est déjà là, dans la vie de chacun de nous. Chaque fois que des situations de mort prennent sens dans l’acceptation, douloureuse mais confiante, de la réalité, c’est une résurrection qui se vit. Chaque fois que nous transcendons nos égocentrismes et laissons de l’espace à l’autre, c’est la victoire de la vie sur la mort. Chaque fois que, laissant notre superbe, nous trouvons en nous assez d’humilité pour marcher vers un pardon libérateur, c’est la Paix du Christ qui nous envahit. Chaque fois qu’un petit geste d’amour vient apaiser, réconforter, illuminer, c’est le Royaume du Père déjà présent.

 

« Credo »

 

« Je crois en la vie éternelle ». Parce que d’abord et avant tout je crois en Jésus Christ ;

Je crois en Jésus Christ qui savait si bien parler d’un Royaume de « justice et de paix » ;

Je crois en Jésus Christ qui dénonçait à pleins cris les situations d’injustice, de haine ;

Je crois en Jésus Christ qui est allé jusqu’au bout de sa mission, jusqu’à la mort infamante sur une croix ;

Je crois en Jésus Christ ressuscité au matin de Pâques.

Je crois en Jésus Christ grâce à ces témoins sans nombre qui ont vécu, aimé, souffert pour transmettre le message. Et à tous ceux-là qui, souvent sans le savoir, deviennent à leur tour porteurs d’espérance.

Je crois en la beauté de l’être humain, de tout être humain, une beauté faite pour survivre ;

Je crois que chacun de nous, avec son monde d’émotions, de joies et de peurs est destiné à cette permanence de vie qui, bien qu’encore insaisissable, répond tellement aux aspirations profondes de tous.

 

Annoncer la Vérité

 

Aucune annonce chrétienne sans référence à Jésus Christ. Aucune annonce crédible si elle ne se reconnaît dans la vie du témoin. Aucune annonce porteuse de fruit si elle n’est faite dans l’amour. L’amour ne s’impose pas. Il demande simplement qu’à travers nous, Jésus Christ se dessine. Avec les limites qui sont les nôtres. Avec cette force en en nous qu’on appelle Esprit Saint.

 

« La vérité dans la charité » nous emmène droit à la contemplation de Marie, qui, comme le souligne le P. Steckling, « aux missionnaires que nous sommes… peut faire comprendre, comme elle l’a fait pour les apôtres, de quelle façon, la vérité se transmet ».

 

Denyse Mostert, Trois-Rivières  Partenaire Oblate en mission Province Notre-Dame-du-Cap  06-05-2009