Réflexions pour une Année sacerdotale 

 

 

Des prêtres zélés, désintéressés, solidement vertueux 

Benoît XVI vient de déclarer ouverte l’Année sacerdotale. Le Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée nous entretient dans sa Méditation Missionnaire « Si l’on pouvait former des prêtres… », de l’importance capitale qu’il faut accorder à la formation de ceux-ci comme nous le rappelle la préface des Constitutions et Règles oblates.  

« Si l’on pouvait former des prêtres zélés, désintéressés, solidement vertueux… alors, on pourrait… ramener bientôt les peuples égarés à leurs devoirs trop longtemps méconnus. » 

Mon bon curé Alphonse 

A l’époque de ma jeunesse, le prêtre apparaissait comme paré de toutes les vertus. Dès mon adolescence, j’ai eu le privilège de seconder notre bon curé Alphonse dans son travail de bureau et comme responsable de la bibliothèque paroissiale. Collaboration qui m’a donné matière à réflexion concernant cette perfection absolue si souvent prêtée au clergé. Travailler régulièrement avec quelqu’un, c’est entrer dans sa vie de tous les jours, c’est être témoin de réactions spontanées… parfois assez éloignées d’une sainteté à toute épreuve. Oui, il avait mauvais caractère, mon pasteur… et la magnifique capacité de s’excuser lorsqu’il avait par trop manqué de patience. Oui, il savait faire confiance à ses marguilliers… et pourtant, il était capable d’imposer une décision prise par lui seul. Et, au cours de son long ministère dans notre paroisse, il a su faire montre d’une persévérance à toute épreuve, de relations claires et nettes avec ses paroissiens et d’un humour frisant parfois l’ironie mais qui pouvait aider à l’occasion à prendre certaines situations avec un grain de sel. 

Ainsi, j’ai pu découvrir qu’un prêtre était également un être humain doué de belles qualités mais aussi de défauts parfois difficiles à accepter. Apprendre à faire la part des choses a été pour moi une grande grâce. Je peux accueillir plus aisément le fait que, comme le dit Jésus, personne n’est bon sinon Dieu seul, que la perfection n’est pas de ce monde. 

Un Dieu inculturé 

On entend beaucoup parler d’inculturation. Le Dictionnaire Larousse la définit comme une « activité visant à intégrer le message chrétien dans une tradition culturelle particulière ». J’adhère totalement à cette définition. La culture traditionnelle, véhicule des valeurs spécifiques non seulement à chaque groupe, mais aussi à chaque époque. Elle mérite d’être respectée. N’est-ce pas la tradition qui a modelé l’être humain pour l’amener à ce qu’il est aujourd’hui, avec son cortège de défaites cuisantes et ses réussites éclatantes… ? Sans que pour autant disparaisse le sempiternel combat entre le bien et le mal…  

Dieu n’a cessé de s’inculturer depuis le commencement du monde. Les écrits bibliques nous le décrivent présent en tous temps. Dans chaque récit nous pouvons suivre le cheminement d’hommes et de femmes qui deviennent de plus en plus aptes à comprendre ce que nous appelons aujourd’hui encore les signes du temps. Jésus Christ lui-même ne nous parle-t-il pas d’inculturation quand il nous dit : Je ne suis pas venu abolir la loi, mais l’accomplir ? 

Une Église à l’écoute de l’Esprit 

Envoie ton Esprit sur ton Peuple… Envoie ton Esprit sur ton Peuple rassemblé.  

Nous sommes nombreux à appeler la sagesse de l’Esprit sur une Église continuellement en marche. Pour une Église debout malgré les tempêtes qui ne cessent de s’abattre sur elle… Une Église réaliste qui sait discerner les appels de la vie contemporaine et y répondre… Une Église actuelle, capable de dire Dieu avec des mots pour aujourd’hui… Une Église ouverte au Peuple de Dieu tout entier…  

Une Église, Peuple de Dieu rassemblé 

Nombreux sont les signes d’espérance, nous rappelle le P. Steckling.  

Aujourd’hui nous sommes très sensibles au fait que les chrétiens sont avant tout des frères et des sœurs. Le Christ nous l’a dit, et donc la fraternité, sous un seul Maître et sous un seul Père, dépasse en importance toutes les distinctions hiérarchiques. 

Signe d’espérance aussi que cette réalité soulignée avec clarté :  

La plupart de ce que notre Fondateur dit, s’applique, non seulement aux prêtres mais à tout Oblat, y compris à nos Frères, à ceux qui sont en formation première et à nos Associés Laïcs et de fait, à tout chrétien. Si l’une des caractéristiques du sacerdoce, tel que le comprend St Eugène, est une proximité particulière aux personnes cela vient probablement de sa prise de conscience que les exigences de la vie chrétienne sont les mêmes pour les prêtres que pour tous. 

Leaders, prophètes et prêtres 

Le Baptême, le plus important des sacrements, fait de tout chrétien un leader, un prophète et un prêtre, écrit encore le P. Steckling. Une saine relation, et l’interaction entre qui est ordonné et qui ne l’est pas, renforcera les uns et les autres dans leurs vocations particulières. On pourrait ajouter (…) cette relation devient féconde en produisant de nouvelles vocations chez les laïcs et les prêtres ordonnés. 

Que nous faut-il de plus pour nous engager tout entiers dans ces appels si différents mais toujours divins qui nous sont proposés par la vie en marche ?

-----

-----

Denyse Mostert, Trois-Rivières  Partenaire Oblate en mission - Province Notre-Dame-du-Cap  09-10-2009