Les mots pour le dire…

 

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« Tout en célébrant le 184e anniversaire de notre approbation pontificale, nous sommes arrivés en 2010, l’année de notre 35e Chapitre général », nous rappelle le P. Wilhelm Steckling, o.m.i., Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée.

 

Un mercredi des Cendres sur mesure …

 

Un début de Carême qui coïncide cette année avec ce 17 février, jour anniversaire de l’approbation de la Congrégation. Un début de Carême dont la liturgie rejoint on ne peut mieux le thème du 35ième Chapitre général : Conversion, conversion personnelle, conversion communautaire. Avec un accent spécial sur l’urgence de ce changement de cap en 2010.

 

« Tu es poussière et tu retourneras en poussière. »

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En écrivant ces mots, je me souviens de la façon dont ce temps de pénitence avant la fête de Pâques nous était jadis présenté. En même temps qu’il dessinait avec de la cendre une croix sur nos fronts, le célébrant nous rappelait notre fin dernière qui, si elle s’était limitée à cette seule phrase, aurait été bien décourageante. Je rectifie : qui a été décourageante pour moi à certaines périodes où j’étais encline à me laisser prendre par le mot à mot au point d’en oublier le reste.  L’urgence de la conversion s’imposait à moi, comme un pare-feu qui m’éviterait de brûler « au feu éternel ». Et le Carême m’apparaissait comme une condition sine qua non à travailler à ma sanctification, sinon…. Je dois bien le reconnaître, c’était la peur qui était à la base de mes efforts. J’essayais de remplir mes « devoirs » au point d’en oublier l’existence d’un Père rempli de miséricorde.

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« Le Royaume de Dieu est tout proche ; changez votre vie et croyez à l’Evangile » (Mc.1,15).

 

Sans rien changer à la réalité de notre besoin de conversion, la liturgie nous présente en d’autres mots la même invitation à entrer en Carême. Avec l’Église nous pouvons entendre le rappel plein de vie de Marc. Un rappel qui donne le goût de redresser la tête, de commencer à chercher, en nous et autour de nous, des signes de la proximité du Royaume de Dieu.

 

Des signes du Royaume de Dieu tout proche, ce n’est qu’en les lisant à la lumière de l’Évangile que nous arrivons à les discerner. Écoutons Marc nous raconter (Mc 4 : 30,32) ce qu’en dit Jésus.  

« Et il disait :" Comment allons-nous comparer le Royaume de Dieu ? C'est comme un grain de sénevé qui, lorsqu'on le sème sur la terre, est la plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre ; mais une fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes potagères, et il pousse de grandes branches, au point que les oiseaux du ciel peuvent s'abriter sous son ombre. " »

Rien n’a changé sous le soleil ! Le Royaume de Dieu si proche, nous avons besoin d’un cœur imprégné d’Évangile pour le déceler tout autour de nous.

 

« Changez de vie » …

 

Revenons au P. Steckling dans la présentation sans ambiguïté qu’il nous fait de l’orientation du 35ième Chapitre général et d’un l’appel urgent à nous convertir, à « changer de vie ». 

« Chaque Chapitre général parle de la conversion à notre vocation originale, mais cette fois-ci, nous en avons fait le thème explicite. Il y a une certaine urgence. St. Eugène de Mazenod aussi a senti un appel urgent à la conversion au moment même où notre Congrégation était approuvée : « Au nom de Dieu, soyons des saints » écrit-il le 18 février 1826. Ressentons-nous cette même urgence ? »

Notre réponse à cet appel va donner cœur et esprit nouveaux à notre mission. Et ce n’est qu’en le vivant dans une orientation résolument contemporaine et ce, malgré les énormes changements qu’on peut pressentir, que nous répondrons, Oblats et Laïcs associés au vœu d’Eugène de Mazenod.

 

Peur de notre faiblesse ? Avec raison. Nous savons que, livrés à nos seules forces humaines, il est possible que cette tâche de conversion nous apparaisse un jour bien difficile, voire impossible.  

 

« Croyez en l’Évangile »

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Comme l’Église en ce début de carême, le P. Steckling nous invite à "croire en l’Évangile". 

 « Osons-le dire: il nous faut avoir accès à une force plus grande que la nôtre, si nous voulons avancer sur la route de la réforme de notre vie. St. Eugène était convaincu que ce surcroît de force nous était devenu disponible avec l’approbation de nos Règles. Le 18 février 1826 il écrivait : « elles ne sont plus de simples règlements... Ce sont des Règles approuvées par l’Eglise... elles ont été jugé saintes et éminemment aptes à conduire au but ceux qui les embrassent. »

J’aime ici évoquer Yolande, Laïque associée décédée il y a quelques années. Yolande qui ne cessait de répéter comme un leitmotiv « Je veux être une sainte… », Yolande qui avait compris l’urgence de la conversion et n’avait nullement crainte d’annoncer ses couleurs parce qu’elle se reposait sur le Royaume de Dieu offert jour après jour. 

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Et avec Marie, si nous croyons vraiment que « rien n’est impossible à Dieu », nous devenons alors à même de prononcer avec confiance l’engagement proposé aux Oblats de Marie Immaculée et à leurs Partenaires oblats en mission :

 

« Centrés sur la personne de Jésus-Christ, la source de notre mission, nous nous engageons à une conversion profonde et communautaire » 1.

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1. www.omiworld.org/DocumentationDettaglio.asp?I=221&L=2------

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Denyse Mostert, Trois-Rivières  Partenaire Oblate en mission - Province Notre-Dame-du-Cap  07-02-2010