Rien n'est perdu de notre espérance

 

 

 

La rareté des vocations dans le monde occidental fait l’objet de la « Méditation missionnaire » du Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée. Je pense que l’interrogation du P. Wilhelm Steckling nous concerne tous. « Que devons-nous faire, comme religieux et comme Oblats, pour attirer des vocations, dans le monde occidental ? » 
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Des pistes

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Le P. Steckling souligne trois « pistes valables » qu’il qualifie « de grandes chances que nous offre l’Esprit Saint ».

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« La première piste, ce sont les laïcs associés : il y a toujours plus de chrétiens qui adoptent avec enthousiasme le charisme et la mission oblate. Le deuxième point souligne que l’appel, adressé à un jeune, vise non seulement, un engagement avec Dieu, mais aussi avec une communauté, située dans l’Eglise. Troisièmement : il s’agit de convier à participer à un tel projet avec insistance, avec beaucoup de foi, de patience et de prière. »
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Réponse à un appel
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« Aujourd’hui plus que jamais, il est important de parler de l’appel de fond qui nous invite à vivre en disciples du Christ parce que c’est la foi elle-même qui se trouve être en crise. » Un « appel de fond » qui fait des marginaux de ceux qui y répondent. Un appel à la foi qui est don. Un appel à la foi sans laquelle nous ne pourrons tenir le coup dans notre monde laïcisé. Un appel à la foi qui vient donner sens et cohérence à la vie. Un appel à la foi qui nous fait solidaires de nos frères et sœurs en humanité. Et surtout un appel qui, loin de se limiter aux seules personnes dites consacrées, s’adresse à tous les baptisés.

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Laïcs associés
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« La première piste, ce sont les laïcs associés… » écrit le P. Steckling. Ceci m’invite à revenir sur le parcours qui a fait de nous des Laïcs associés aux Oblats de Marie Immaculée. 

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Au commencement, nous avons répondu à un « appel de fond » venant de personnes dont le témoignage de vie nous a invités à découvrir l’esprit qui les animait. Ces Oblats nous ont dit saint Eugène, ce méridional au tempérament et à la foi de feu. Cet original qui n’a pas craint de marcher hors des sentiers battus. Qui a osé innover et a traversé bien des tourmentes auxquelles, en dépit d’un cœur parfois blessé, sa persévérance a résisté. Un homme qui nous a légué tous « les pauvres aux multiples visages » à aimer « en paroles et en vérité ». 

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Cette audace, nous a séduits. Notre engagement continue à dire notre désir de proclamer Jésus Christ par une cohérence entre paroles et vie.
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Les pauvres aux multiples visages
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Inutile d’énumérer ici toutes les détresses du monde d’aujourd’hui. Dans nos familles aussi nous retrouvons des jeunes qui nous interpellent à travers leurs extravagances, des adultes qui se noient dans l’inutile course à l’avoir, au paraître, au plaisir à tout prix, des personnes âgées qui oublient que le moment est venu pour elles de transmettre l’expérience d’une longue vie.
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Chacun de nous porte en lui des blessures. Nous avons tous des moments difficiles à vivre, des deuils à faire. Vivre avec Jésus Christ, c’est refuser de nous enfermer sur nous-mêmes. C’est nous faire présents à toutes ces personnes en quête souvent du petit geste qui leur fera reprendre cœur.
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À tous ceux-là, nous avons à prodiguer l’attention qui va dire Jésus Christ. Comme Eugène s’adressant aux gens de Provence, nous avons à le dire dans le langage simple et authentique de notre quotidien. Un langage qu’ils vont, non seulement comprendre, mais encore accepter parce qu’ils y découvriront une cohérence entre paroles et manière d’être. 
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Rien n’est perdu de notre Espérance.
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Une expérience inoubliable fut celle des dernières années de la vie de mon mari. Une situation sans issue apparente qui me fait un peu penser à la situation de notre Église aujourd’hui.
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Pour Pierre et moi, il a été dur le moment de regarder en face la maladie qui progressait et d’accepter qu’il en soit ainsi. Nous avons pleuré ensemble. Nos larmes étaient-elles prière ? Puis, petit à petit, nous avons revu nos 51 ans de vie commune, nos joies, nos difficultés, les enfants que nous avons conduits à l’âge adulte, notre amour demeuré solide et confiant… Pour réaliser que « c’était bon », que notre foi au Christ Sauveur nous avait permis de dépasser ensemble les moments difficiles. Nous avons pu rendre grâce. Nous avons pu vivre dans la paix la perspective d’une séparation qui se faisait de plus en plus proche.

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De cette situation qu’on peut dire « de crise » est sortie une grande Espérance. Et l’Espérance est faite pour être partagée…

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En Église.

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Examiner lucidement le chemin parcouru par l’Église, c’est entrer dans une grande reconnaissance pour tous ces témoins du passé et pour tout le bien qu’ils ont fait. C’est dire merci pour tous les chrétiens demeurés debout au milieu de la tourmente. C’est porter dans nos prières ceux des nôtres montrés du doigt sur la place publique, c’est demander pour eux la foi en la Miséricorde de notre Dieu qui pardonne et convie à un nouveau départ.
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Une réflexion authentique ne serait-elle pas la porte par laquelle l’Espérance pourrait entrer dans l’Église d’aujourd’hui ? Et si cette authenticité conduisait à changer des attitudes séculaires pour risquer des sentiers nouveaux ?
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Nous avons tous à dire Jésus Christ en Église. Et si notre Église ouvrait pleinement la porte du « Sacerdoce royal » à tous les baptisé(e)s, n’y aurait-il pas là un grand pas vers le Royaume, une belle invitation à vivre vraiment « ensemble pour la Mission » ?

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Denyse Mostert, Trois-Rivières  Partenaire Oblate en mission - Province Notre-Dame-du-Cap  09-06-2010

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