Un petit bouquet de lavande…

 

 

 

 

Plusieurs fois déjà j’avais communiqué avec Suzanne dans le cadre du groupe d’activité bénévole. Pendant longtemps elle a été pour moi un nom dans une liste et une voix aimable au téléphone. Et puis un jour Suzanne m’a avisée d’avoir à se retirer pour quelque temps afin de combattre un cancer en récidive. Embarras de ma part ! Comment se conduire devant l’annonce une telle nouvelle ?

 

J’ai répondu en mots tout simples, évitant avec soin les lieux communs qui sonnent tellement creux quand la maladie s’installe dans une vie. Petit à petit un dialogue a pris naissance. Petits courriels juste pour dire bonjour, réflexion sur le temps qu’il faisait… De fil en aiguille, nous avons découvert que nous avions été voisines de rue pendant plusieurs années Nous avons découvert des affinités qui nous ont menées sur la voie d’une confiance mutuelle. Suzanne m’a parlé de sa sœur décédée très jeune, puis du neveu qu’elle a adopté, de sa victoire contre le cancer il y a une dizaine d’années, et aussi de cet ennemi sournois qui venait de refaire surface. Elle m’a parlé de ses difficultés à vivre le dur traitement de chimiothérapie. De ses moments difficiles pendant lesquels la crainte de l’avenir vient amplifier la souffrance du présent.

 

J’entendais aussi dans ses propos un grand amour de la vie, une volonté de donner le maximum d’elle-même pour s’en sortir. Une phrase m’a frappée : « Je ne sais pas comment mourir, mais je sais vivre… alors je vis. »

 

Ce matin, coup de sonnette à ma porte… Suzanne est là, des fleurs bleues à la main. De cette jolie lavande fleurant bon l’été en plein Midi. Suzanne effectue sa première sortie. Et elle vient m’offrir ce bouquet de joie, symbole de retour à la vie et d’amitié.

 

Nous avons parlé longtemps autour de la table ronde. Je peux dire que notre rencontre a été une action de grâce envers notre Dieu qui parsème la vie de petites merveilles souvent invisibles aux yeux mais tellement réelles. 

Hier soir, je lisais un autre petit courriel de Suzanne. « As-tu pensé, écrivait-elle, si je me donnais comme mission de distribuer des belles fleurs fraîches gratuitement, juste pour le plaisir de faire plaisir... » 

« Le plaisir de faire plaisir », ne serait-ce pas la mission qui nous est confiée à tous sur cette terre ? On peut la nommer charité, amour, amitié… Jésus parlait du verre d’eau donné en son nom. N’avons-nous pas à offrir une authenticité à travers laquelle transparaissent parfois des limites qu’on préfèrerait garder pour soi mais une authenticité qui révèle aussi de quelles richesses nous sommes porteurs. Et surtout une authenticité qui mène à l’Espérance.                   

Des richesses toutes simples, à l’agréable odeur d’un bouquet de lavande...

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Denyse Mostert, Trois-Rivières  Partenaire Oblate en mission - Province Notre-Dame-du-Cap  05-07-2010

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