Le baptême de Jésus (Matthieu 3, 13-17)

 

 

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Il y eut deux femmes

 

J’ai toujours aimé asseoir un événement dans son contexte… Ici, il y a Marie, elle est fiancée à Joseph.  Elle vit un bonheur sans histoire jusqu’au jour où… Jusqu’au jour où le messager vient lui demander l’incroyable oui qui va bouleverser tant de vies.

Et il y a Élisabeth, trop âgée pour avoir un enfant et qui pourtant est enceinte. Tout est extraordinaire dans les événements qui précèdent la rencontre des deux futures mamans… Comme tout va aussi le devenir pour les bébés qui vont bientôt  voir le jour !

 

Une rencontre spéciale

 

C’est une rencontre où l’Esprit Saint joue un rôle de premier plan. C’est une rencontre dont l’intensité extraordinaire se traduit en action de grâce. Tu es bénie entre les femmes, dira Élisabeth.  Et Marie va exprimer son immense bonheur dans le vibrant Magnificat.   

 

Ensemble pour le Royaume

 

Bien que les Évangiles ne le mentionnent pas, j’aime à croire que les deux cousins ont vécu une de ces amitiés très rares où l’on peut partager sans contrainte foi et projets. Sans doute Jean et Jésus ont-ils parlé ensemble de la  mission hors mesure à laquelle ils se sentent appelés…

Au Jourdain où il baptise, Jean affirme d’ailleurs sans détour : moi, je vous baptise dans l’eau en vue de la conversion mais celui qui vient après moi est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de lui ôter ses sandales.

Et lorsque  Jésus … paraît sur les bords du Jourdain, et  vient à Jean pour se faire baptiser par lui, une grande confusion s’empare de ce dernier qui connaît si bien celui qui se tient devant lui. 

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Une réponse déconcertante

 

En effet. Conscient de la dignité de celui qui pénètre dans les eaux du Jourdain, Jean proteste : « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi. »

À quoi Jésus répond : Pour le moment, laisse-moi faire, c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste.  Sur ces paroles, nous raconte Matthieu, Jean le laisse faire.

 

Le précurseur a-t-il compris ?

 

Bonne question !  Jean Baptiste a-t-il saisi toute l’implication de ce Verbe fait chair ?  A-t-il compris que Jésus se voulait  solidaire  de tous ceux-là qui viennent au Jourdain pour y recevoir le baptême  de l’eau ? 

Et Jésus lorsque précise : c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste, à  travers ce nous inclusif, Jean a-t-il entendu Dieu  qui demande notre coopération à tous pour qu’advienne son Royaume ?

 

Confirmation sans équivoque

 

Sans équivoque en effet cette voix venant des cieux et qui affirme : Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour.

Comme il l’a fait jadis au sein d’Élisabeth,  le cœur de Jean a-t-il tressailli en recevant l’éclatante confirmation de la foi qu’il met en Jésus ?  Une chose est sûre.  Il va aller jusqu’au don de sa vie, pour continuer à aplanir le chemin devant celui qui vient après lui.

 

Ce que nous partageons avec Marie, Élisabeth et Jean

 

Il nous est bon de prendre conscience que c’est une même foi que nous partageons.   C’est notre foi en Jésus Christ, le Fils bien-aimé  à qui le Père a donné tout son amour. 

C’est une foi pour la vie de tous les jours.  Elle est faite de lumière et d’ombre, de grandes joies et de moments difficiles. 

C’est une foi qui nous dit l’amour Dieu et que nous devons nous aimer les uns les autres dans le respect de ce que nous sommes, avec nos richesses et nos limites.

C’est une foi qui affermit en nous rappelant que le Royaume est déjà là.

C’est une foi qui nous invite à mettre les bras à la moisson,  qui fait de nous des témoins de plus en plus crédibles de ce Jésus que nous proclamons.

 

Avec Marie, Élisabeth et Jean enfin, nous partageons une même reconnaissance heureuse envers l‘enfant né de Marie, l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous  qui sans cesse nous sauve et nous relève.

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Denyse Mostert, Trois-Rivières  Partenaire Oblate en mission - Province Notre-Dame-du-Cap  07-01-2011

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