Église catholique et puissance...

 

 

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... Mais, quelle puissance ?

 

On dirait que chaque Épiphanie réveille les mêmes commentaires souvent tendancieux sur la puissance de l’Église catholique. 

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Il y a quelques jours je regardais un reportage sur le sujet.  Un film de facture soignée qui nous faisait pénétrer dans les fastes de Rome.  De Pie XII à ses successeurs, le scénario était le même : cérémonies en grande pompe où la pourpre cardinalice le disputait aux richesses architecturales du Vatican, avec quelques échappées sur les foules de la Place Saint-Pierre.  Je regardais ce documentaire avec un certain plaisir jusqu’au moment où quelque chose est venu comme troubler ma satisfaction, un malaise qu’il m’a fallu quelques minutes a identifier.

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Ce « quelque chose », c’était l’apparition fugitive de la croix et son Crucifié dépouillé, bafoué, sur laquelle était signifié l’échec apparent de la mission de Jésus.

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Ce malaise continuant à m’habiter, j’ai repris sur Internet la question de l’heure : « Benoît XVI arrivera-t-il à restaurer la puissance de l’Église catholique ? ».  Une personne a répondu : « Si c'était la puissance de la fragilité et de l'humilité, j'en serais fière... Il nous faut habiter notre Église dans ces attitudes qui peuvent rendre accueillant, je pense, pour un dialogue fécond avec le monde… »

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L’homélie de l’Épiphanie prononcée par le  P. Louis Lougen, Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée, sur fond de puissance  elle aussi, nous parle de personnages royaux qui suivent le signe annonciateur d’un messie.  Quel message cohérent ces riches venus d’un autre âge peuvent-ils nous laisser à nous citoyens de 2011 ? Voici la réponse du P. Lougen.

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« Dans l’esprit de l’invitation du Chapitre à entrer en conversion, à tous les niveaux de la vie et de la mission oblates (…) la célébration de l’Epiphanie offre diverses considérations pour le nouveau leadership et pour tous les Oblats.  Des mages nous apprenons qu’ils… « étaient assez humbles pour poser des questions et admettre qu’ils ne connaissaient pas tout;  …ont surmonté la crainte, ont quitté leur terrain familier, leur " petits royaumes " et se sont jetés dans l’aventure pour aller au-delà des frontières ;  …ont cherché, suivi, demandé leur chemin et regardé le ciel, sans être freinés par la crainte d’essayer, d’échouer, d’être moqués ou rejetés; …ont laissé leurs cœurs bondir de joie en voyant l’Enfant et sa mère, laissant de côté une attitude blasée et cynique du « déjà vu, déjà fait » ; … se sont prosternés eux-mêmes en adoration, tout leur être abandonné dans l’amour, oblation; ... ont offert des dons. »

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À travers ces différents propos, la croix avec son Jésus crucifié vient de reprendre toute sa place et la puissance de l’Église, toute sa signification.

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Denyse Mostert, Trois-Rivières  Partenaire Oblate en mission - Province Notre-Dame-du-Cap  07-01-2011

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