Vers les plus délaissés…

 

 

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Un brin d’histoire personnelle.

 

Il y a plus de quarante ans, la Basilique Notre-Dame-du-Cap entrait dans l‘environnement’ religieux de ma famille. Marie et sa toute nouvelle basilique nous attiraient bien sûr mais aussi la solide et concrète pastorale des Oblats de Marie Immaculée avec son ouverture sur l’époque pré et post-conciliaire…et cet accueil chaleureux qui faisait qu’on se sentait chez soi… et l’attention avec laquelle les Pères accueillaient nos différentes réflexions...

 

La canonisation d’Eugène de Mazenod en 1995 a donné le coup d’envoi à une belle aventure qui dure toujours. Personnellement, j’avais le goût d’apprendre comment ce noble Français à la particule bien réelle avait bien pu donner naissance à une Congrégation au charisme centrée sur « les pauvres aux multiples visages ». La création d’un premier groupe de Laïcs associés Oblats de Marie Immaculée est alors venue répondre à mon besoin de savoir.

 

À la formation première, j’ai voulu joindre le plus de renseignements possibles sur le Fondateur. J’ai questionné autour de moi et dévoré tout ce qui je trouvais sur Eugène de Mazenod y compris l’impressionnante biographie écrite par Jean Leflon.

 

« Eugène de Mazenod nous parle. »

 

Et voici que l’année dernière, un blog voit le jour sur l’incontournable Internet. Depuis août 2010 en effet, « Eugène de Mazenod nous parle » chaque jour, en respectant toutefois un repos dominical bien nécessaire pour assimiler tant de réflexions suscitées par les écrits proposés.

 

Ses paroles sont celles d’un homme au cœur d’une grande sensibilité bien souvent agité par de tumultueux sentiments. On y découvre avec étonnement comment, avec son ascendance noble et un tempérament bouillant que certains qualifient de « mauvais caractère », Eugène a si bien compris les besoins des humbles, des oubliés et tout mis en œuvre pour leur apprendre Jésus Christ. Et on reste muet d’admiration devant le lent cheminement qui a conduit le jeune homme avide de plaisirs à la prise de conscience du Vendredi Saint 1807 qui va tracer définitivement sa voie.

 

Un miracle que cette révélation vive de l’amour du Christ en croix ?

 

Sans nier le caractère extraordinaire de la ‘secousse extérieure’ du Vendredi Saint 1807, on peut considérer que le ‘miracle’ est présent à chaque étape de la vie d’Eugène de Mazenod. N’est-il pas amorcé déjà pour le fils du Président attentif dès son plus jeune âge aux besoins des domestiques de la maison paternelle ? Dans les amis de choix qui vont jalonner les années d’exil ? Dans le mortel ennui suscité par les plaisirs mondains dans lesquels Eugène se plonge dès son retour à Aix ? Dans l’urgence aigue qui le saisit de s’arracher à la vanité et au gaspillage d’une vie de dissipation ?

 

Ce ‘miracle’ ne se poursuit-il pas aussi dans la difficile décision de recevoir le Sacerdoce alors que l’amour enveloppant d’une mère, l’espoir de contribuer à réunir les parents séparés, la déférence accordée au jeune de Mazenod menacée de disparaître dans l’anonymat du séminaire, toutes ces choses à prendre en considération n’ont pu empêcher le choix définitif d’Eugène?

 

Et le reste de la vie du prêtre se poursuit sur le même registre. Rien ne lui sera offert sur un plateau d’argent. Il va lutter contre vents et marées pour que d’autres vivent avec lui son grand projet d’évangélisation. Il va lutter, il va traverser des moments de grande faiblesse mais jamais il ne va lâcher. Le vœu de persévérance demandé à ses Oblats atteste combien son chemin a été parsemé d’autant d’épines que de roses.

 

Tout cela, Eugène l’a vécu dans une grande fidélité à lui-même. Loin d’être ‘saint dès le sein de sa mère’, c’est aussi à réfréner les exagérations de sa nature qu’il devra travailler toute sa vie.

 

 Et la grâce aura le dernier mot. Parce qu’il a connu des difficultés comparables à celles de notre monde de 2011, Eugène demeure « un saint pour notre temps ». Et parce qu’il est demeuré fidèle jusqu’à son dernier souffle, il nous rappelle combien, d’une vie donnée, le Seigneur peut faire le plus beau des miracles.

 

 

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Denyse Mostert, Trois-Rivières  Partenaire Oblate en mission - Province Notre-Dame-du-Cap  16-05--2011

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