Pushing ball

 

 

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Un peu partout dans le monde, les enfants sont rentrés à l’école. Avec des crayons neufs et le reste à l’avenant. Tout préparés à découvrir de nouveaux amis et des choses intéressantes… Du moins, voici la description rêvée de l’élève modèle. Faut tout de même se dire que certains sont moins enthousiastes au départ ! Et que, pour respecter une vérité tout de même réconfortante, on constate qu’ils vont se faire petit à petit à ce grand changement. Expérience plus d’une fois vécue…

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Et voici le sujet lancé. Qui aime le changement, à part celui qu’on planifie de longue date et qu’on a hâte de voir arriver ?

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Bien sûr il y a des bouleversements tragiques. Comme celui de cette Mexicaine vivant au Canada et renvoyée chez elle pour cause de statut illégal alors que père et enfants, citoyens canadiens en bonne et due forme, vont demeurer chez nous.

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Il en est d’autres, plus coutumiers ceux-là mais qui n’en sont pas pour autant acceptés de gaieté de cœur. Il me semble encore entendre mon mari après une journée de travail fertile en surprises. « Je n’ai rien fait aujourd’hui », disait-il d’un ton mécontent. Traduisons qu’il avait dû s’adonner à des tâches autres que celles prévues à son calendrier d’homme d’affaires…

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Et encore ces petits imprévus qui nous prennent par surprise. Certains auxquels il est impossible d’échapper comme le coup de fil d’un correspondant habituellement très prolixe. Ou la voisine qui offre une pause-café au cours de laquelle elle pourra partager ses états d’âmes. Et tant d’autres…

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À ce sujet, quelqu’un me disait dernièrement : « Je ne suis pas une « pushing ball ». J’aime bien cette expression pour ce qu’elle évoque, une petite balle qu’un enfant pousse dans un coin, puis envoie dans un autre, pour ensuite parfois l’oublier… Je crois me souvenir que la petite Thérèse de Lisieux avait employé cette image pour traduire sa disponibilité totale à la volonté de Dieu.

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Pour ce qui est de moi, il me faut reconnaître que  je suis seulement une sainte « en devenir », avec des vues bien personnelles sur l’emploi d’un temps que je juge de plus en plus précieux au fur et à mesure que passent les années… Et une impatience certaine lorsque des plans de travail solidement établis doivent en passer par des ajustements qui ne sont pas de ma volonté.

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Au temps du Carême, la liturgie nous rappelle un commandement de Dieu à Moïse : « Tu ne te déroberas à ton prochain »… (Exode 20/15).

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Sans être la « pushing ball » de la vie qui va, une petite voix au fond de moi me dit de faire la part des choses.  Une part à peser à l’aune d’un amour qui sait tenir compte de ma liberté d’action dûment établie en même temps que le besoin de l’autre.

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Denyse Mostert, Trois-Rivières  Partenaire Oblate en mission - Province Notre-Dame-du-Cap  25-09-2011

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