LA TRANSFIGURATION (Marc 9, 2-10)

DEUXIEME DIMANCHE DE CAREME 2009

 

                                             

                                            

Ou comment Jésus blanchit plus blanc que blanc :

 

 

 

 

 

« Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les  emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux »

 


La transfiguration d’après Raphaël

 

 

 

Je n’ai pas pu vous apporter une machine à laver mais voilà du produit lessive car Jésus lave plus blanc que blanc. Une Blancheur comme signe de pureté, d’authenticité.

 

Jésus présente une lumière enveloppante plutôt que des ténèbres étouffantes.

Il y a ceux qui se prennent pour une lumière et qui éblouissent les autres.

Il y a ceux qui se prennent pour une star sous les feux de la rampe, sous les flashes de la célébrité.

Et il y a ceux qui rayonnent à l’extérieur l’amour qu’ils portent à l’intérieur.

 

Mieux que les maffieux qui blanchissent leur argent sale, Jésus recycle nos péchés et nous transforme en êtres de lumière.

Nous voilà invités à devenir des vers luisants dans la nuit de l’humanité.

 

La Transfiguration c’est un coup de gong avant la passion, une annonce de la résurrection pour ne pas se décourager quand les temps difficiles arriveront.

Baptême, transfiguration et agonie sont trois faces d’une même expérience de Jésus, d’un même témoignage des apôtres : choix de Dieu et choix de l’homme Jésus, croissance d’une liberté dans une mission reçue, habitation et présence intérieure du divin au cœur des limites de l’humain.

Pour les apôtres, la transfiguration est une expérience de nuit entre sommeil, songe et vision qui est indicible mais qui reste comme un temps fort pour soutenir le temps de faiblesse qu’ils connaîtront.

 

En Jésus, Dieu a déposé la plénitude de son amour. Jésus a laissé voir à ses proches que cet amour débordait sur son propre corps, sur son visage, sur ses vêtements. Ainsi est la beauté de l’être humain habité de Dieu. La beauté se lit avant tout dans le regard de ceux qui s’aiment. L’amour dépasse les apparences. En Jésus transfiguré, Dieu nous dévoile son regard sur nous-mêmes et sur le monde.

 

Moïse et Elie sont la Loi et les Prophètes ; la Miséricorde et la Justice

Jésus doit faire son exode et ne s’arrête pas sur la montagne. Le disciple aussi après cette expérience de consolation et d’espérance doit affronter le réel de sa vie ordinaire.

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il ne revendique pas, qu’il arrache son poteau de clôture et qu’il me suive » (Mc 8, 34.) Comme Abraham et tant d’autres, le disciple ne peut fixer sa foi comme un décret grave dans la pierre mais est appelé à suivre chaque jour un vivant imprévisible : le Ressuscité qui vit en lui.

 

Les 3 tentes de Pierre renvoient à la tente de la rencontre de l’ancien testament.

Les 3 tentes de Pierre voudraient fixer le bonheur, stopper la grâce qui arrive, attraper l’ange qui passe, bétonner l’évènement formidable comme un avide propriétaire.

Or le peuple qui marche et traverse l’épreuve sans s’y perdre est plus important que la tente dressée sur un moment de la vie qu’on ne peut de toute façon pas retenir. Il n’est pas possible de vouloir jouir du bonheur de la résurrection avant d’être passé par l’épreuve de la passion, du passage. A un moment, il faut redescendre de son petit nuage, de sa montagne.

Le groupe de Jésus, Moïse, Elie, Pierre, Jacques et Jean n’ont besoin que d’une seule tente, la tente de l’Eglise, de la communauté rassemblée, du peuple en marche qui affronte tempêtes et levers de soleil.

 

Au « Il est bon d’être ici » de Pierre répond le « Il est bon pour vous que je m’en aille » de Jésus « pour préparer votre demeure propre dans la maison de mon Père » (cf. Jean 14, 2-3 et 16, 7)

 

La Nuée, sorte de tornade claire-obscure marque le passage de Dieu, le souffle de l’Esprit

La Voix venue d’ailleurs souligne l’habitation parfaite de Dieu en l’Homme Jésus ?

Et cette voix résonne dans le cœur des trois compagnons de Jésus.

 

Par le témoignage de Pierre, Jacques et Jean, nous savons le chemin de foi qui consiste à laisser Dieu habiter, irradier notre vie pour faire de nous des rayonnants, des vitraux colorés qui laissent passer la lumière chaleureuse de Dieu.

 

En cette marche vers Pâques, quelles que soient nos épreuves, faisons l’exercice d’inspirer et d’expirer la présence de Dieu en nous : « Jésus, Fils bien aimé du Père, que je devienne à ton image un Fils, une Fille bien-aimée ! »

 

Faisons aussi mémoire des quelques moments forts où Dieu est passé tout près dans notre vie et qui nous enracine aujourd’hui dans une confiance résolue et un optimisme réaliste. Faisons action de grâce pour ces moments et guettons le suivant.

 

Le transfiguré salut ses frères et sœurs lecteurs.

 

P. Vincent GRUBER, OMI.